DÉCOUVERTE DES RÉGIONS

ÉCONOMIE

 

Description : Retour d'une pêche fructueuse à la morue en Gaspésie / Herménégilde Lavoie – 1943

Crédit: E6, S7, SS1, P23751, Fonds Ministère de la Culture et des Communications, BAnQ - Québec

Cette vaste région est reconnue pour ses abondantes ressources naturelles et fauniques, comme le caribou, le phoque, les oiseaux migrateurs et le saumon, exploitées par divers groupes autochtones depuis 9000 ans.

La morue qui abonde dans le golfe Saint-Laurent attire des pêcheurs normands, bretons, basques et rochelais dès les années 1530. On la pêche dans de petites embarcations de juin à septembre, toujours en vue des côtes, la préparant sur le rivage des havres accueillants.
 

 

L’huile de baleine

De 1540 à 1580, des baleiniers d’origine basque chassent la baleine dans le détroit de Belle-Isle, où jusqu’à 30 navires s’activent annuellement. La Basse-Côte-Nord abrite une douzaine de stations baleinières dont Gros-Mécatina, Blanc-Sablon et Middle-Bay. L’Ile-aux-Basques, face à Trois-Pistoles, est aussi exploitée à cette époque. L’huile produite sert à l’éclairage des villes européennes, mais aussi à fabriquer lubrifiants, peintures, vernis et savons. 


Le commerce des fourrures

Plusieurs postes de traite, dont ceux Tadoussac, des Ilets-Jérémie, de Sept-Iles et de Mingan, sont exploités par divers marchands jusqu’à l’emprise de la Hudson’s Bay Company en 1831. Les peaux de castors, de martres, de renards et autres espèces alimentent le lucratif marché des pelleteries dans les villes d’Europe de l’Ouest.

 


Saumon, phoque et morue

Dans la Baie-des-Chaleurs, la seigneurie de Pabos constituera un important poste de pêche occupé de 1729 à 1758. Durant cette période, une dizaine de concessions de pêche au saumon et de chasse au phoque apparaissent en aval de Natashquan. L’huile sert de combustible pour les lampes, pour frire les aliments ou en tannerie, alors que la peau est transformée en manchons et en gants, on en recouvre aussi divers meubles.

Après la Conquête, la pêche à la morue est relancée avec une intensité inégalée par des compagnies fondées à Jersey, île anglo-normande située dans la Manche. Charles Robin, installé en 1767 sur le banc de Paspébiac, sera un des principaux acteurs de cette industrie. Les chargements de morue salée et séchée qu’il rassemble sont acheminés vers Québec, les États-Unis, les Antilles et l'Europe.

Vers 1784, la De Quetteville s’installe à Blanc-Sablon, alors que d’autres firmes jerseyaises le font sur les îles Verte et à Bois situées juste en face, faisant de ce secteur un important centre morutier. D’autres s’implantent en Minganie dès 1853, menant à la fondation de près d’une dizaine de villages entre Sheldrake et Natashquan. 


L’avènement des scieries

Vers 1850, l’industrie du bois de sciage gagne en importance. En Haute-Côte-Nord, la construction de scieries amène la fondation de plusieurs villages dont Tadoussac, Bergeronnes, Les Escoumins, Portneuf, Manicouagan et Pentecôte. Le bois coupé l’hiver est transporté au printemps, sur les rivières, jusqu’aux scieries côtières.

Sur la rive sud, le marchand de Québec William Price achète dès 1830 des scieries à Rimouski et à Métis. D’autres sont construites ou agrandies à Amqui (1892), Matane (1897), Cabano (1899), Rimouski (1901), Trois-Pistoles (1902), Price (1902) et Lac-au-Saumon (1905). Celles de la compagnie Price à Rimouski, Matane et Price sont les plus importantes de l'est du Canada en 1926. Vingt ans plus tard, cette région en compte 259!


Une agriculture marginale

Au cours du 19ème siècle, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie connaissent une importante croissance de leurs effectifs agricoles. On retrouve dans cette dernière région 6621 agriculteurs en 1881, qui exportent une partie de leur production basée essentiellement sur la patate, le blé, l’orge, le seigle, l’avoine et le lait.


L’ère des pâtes et papiers et de l’hydroélectricité

Au début du 20ème siècle, la Côte-Nord voit s’établir de grandes industries papetières. La première est celle des frères Clarke qui choisissent la rivière Sainte-Marguerite comme lieu d’établissement en 1898. Ils y construisent une centrale hydro-électrique, une usine, un quai, un chemin de fer et une ville moderne électrifiée. 

Puis la Ontario Paper ouvre un moulin en 1915 à Shelter-Bay, aujourd’hui Port-Cartier. En 1920, elle rachète des concessions forestières sur la rivière Franquelin. La pulpe produite alimente son usine de papier de Thorold en Ontario, papier destiné à l’impression du journal Chicago Tribune. En 1937, elle fonde Baie-Comeau où elle implante une véritable usine à papier qui emploie 500 travailleurs vers 1945. 

Arrivent ensuite les compagnies Saint-Regis Paper Co. sur la rivière Godbout en 1922 et St-Lawrence Paper Mills sur la rivière Trinité en 1930, fondant le village de Baie-Trinité. En 1937, Forestville est fondée par l’Anglo-Pulp dans les mêmes circonstances. En 1940, dix grandes sociétés exploitent les forêts nord-côtières. Cependant, seules la Clarke Brothers et l’Ontario Paper transforment la ressource sur place. 

Le milieu du 20ème siècle est aussi marqué par d’extraordinaires travaux d’aménagement hydroélectriques sur les rivières Bersimis, Outardes et Manicouagan, qui attirent des centaines de travailleurs avec leurs familles.


Le domaine minier

En 1955, la Gaspé Copper Mines opère une mine de cuivre à Murdochville, au cœur de la péninsule gaspésienne, mine qui sera fermée en 1999 quand son gisement sera épuisé. 

Sur la Côte-Nord, des prospecteurs découvrent dans les années 1930 d’immenses gisements de fer et de titane qui seront exploités par les compagnies Quebec Iron and Titanium à Havre-Saint-Pierre dès 1949, par la Quebec Cartier Mining en 1959 à Port-Cartier, par l’Iron Ore Company en 1954 et par Mines Wabush en 1965. Sept-Îles passe de village de pêche à port d’expédition moderne en 20 ans !


Une diversification nécessaire 

Les 3 régions qui nous concernent subissent les aléas de l’industrie forestière. La disparition de la morue dans les années 1990 oriente l'industrie vers le homard et le hareng en Gaspésie, et vers la crevette, le crabe et le flétan sur la Côte-Nord. 

Cette région subit une importante crise du fer dans les années 1980, provoquant la fermeture de Schefferville. L’économie est relancée à Sept-Iles avec l’implantation de l’Aluminerie Alouette en 1989. Le secteur minier demeure encore incertain dans la décennie de 2010.

Sur la rive sud du Saint-Laurent, le tourisme a gagné en importance ces dernières décennies. Le tour de la Gaspésie est devenu un incontournable chez les Québécois, puis chez les Européens et les Américains venus admirer les paysages gaspésiens. Aujourd'hui, l’économie de cette région repose sur les secteurs de la pêche, de l’industrie forestière et du tourisme. 

Enfin, Rimouski compte aujourd’hui plus de 48 000 habitants, auxquels s’ajoutent plus de 5000 étudiants. Plus importante ville de l’Est-du-Québec, elle abrite de nombreux sièges sociaux d’organismes et des centres administratifs tels que TELUS Québec, le Centre régional de services d’Hydro-Québec et plusieurs pôles de services gouvernementaux.