DÉCOUVERTE DES RÉGIONS

COMMUNAUTÉS AUTOCHTONES

Les Autochtones qui occupent les rives de l’estuaire et du golfe Saint-Laurent sont les Innus, les Micmacs et les Malécites, dont les langues appartiennent à la famille linguistique algonquienne. Ce sont 3 des 11 nations autochtones présentes au Québec, et dont la population s’élevait à près de 91 700 en 2011, soit 80 300 Amérindiens et 11 300 Inuits. 
 

Les Innus

Les Innus constituaient en 2011 la troisième nation autochtone la plus populeuse du Québec, comptant 16 800 membres répartis dans 9 communautés différentes. En considérant les deux communautés du Labrador, sa population s’élève à 18 000 personnes.

Les Innus vivaient traditionnellement de chasse, de pêche et de cueillette. Au 18e siècle, l’établissement des comptoirs de traite oriente leurs activités vers le piégeage des animaux à fourrure. Au 20e siècle, l’exploitation forestière, minière et hydroélectrique les amène à s’établir sur le littoral du golfe.

Les communautés innues diffèrent les unes des autres. Uashat, près de Sept-Îles, compte notamment un centre commercial, un hôtel, des restaurants et diverses entreprises. Celles de La Romaine et de Pakuashipi, en Basse-Côte-Nord, ne sont pas desservies par la route. Plusieurs résidents pratiquent des activités traditionnelles et tous parlent l’innu. 

Essipit, Pessamit, Mingan, Natashquan et La Romaine gèrent des pourvoiries dont certaines incluent d’importantes rivières à saumon. De plus, certaines communautés participent aux activités de pêche commerciale, dont celle du crabe. 

Depuis les années 1980, la société d’État Hydro-Québec a conclu des ententes avec diverses communautés innues relativement à des projets hydroélectriques. Récemment, elle s’entendait avec les bandes de Mingan, Natashquan, Pakuashipi et La Romaine dans le cadre du projet de la rivière Romaine. 

Les Innus comptent sur diverses institutions, dont l’Institut Tshakapesh et les maisons de transmission de la culture Shaputuan (à Sept-Iles) et d’Ekuanitshit (à Mingan), afin de promouvoir leur langue et leur culture. De plus, les communautés possèdent une station de radio du réseau de la Société de communication Atikamekw-Montagnais. 

Enfin, Mani-Utenam accueille depuis plus de 20 ans le festival de musique Innu Nikamu, tandis que Natashquan est l’hôte du festival annuel du conte et de la légende de l’Innucadie.

 

Les Micmacs

Le Québec abrite 5 259 Micmacs répartis en 3 groupes établis en Gaspésie. La communauté de Listuguj dispose d’un territoire à l’embouchure de la rivière Ristigouche, tandis que celle de Gesgapegiag en possède un à la rivière Cascapédia. Les 510 Micmacs formant la bande de Gespeg n’ont pas de territoire attitré et vivent principalement à Gaspé et à Montréal.

La langue micmaque est enseignée à l’école et parlée par plusieurs résidents de Listuguj et de Gesgapegiag, l’anglais y étant la langue seconde. Les Micmacs de Gespeg parlent surtout français mais plusieurs aussi l’anglais.

Une particularité de la culture micmaque est son adaptation aux activités maritimes. Grâce à la pêche en haute mer, les Micmacs tirent une partie de leur subsistance des produits marins. 

La pêche au saumon est au coeur de leur mode de vie. Depuis 1982, Listuguj bénéficie d’une entente relative à sa pratique. Gesgapegiag administre, en association avec des allochtones, la Société de gestion de la rivière Cascapédia. Ce partenariat procure une trentaine d’emplois liés aux activités de la pêche au saumon sur cette réputée rivière.

Depuis des générations, les paniers de frêne et de foin d’odeur sont la spécialité des Micmacs. Gesgapegiag possède une coopérative d’artisanat exportant ses créations au Canada et aux États-Unis. On y retrouve aussi un centre de traitement pour personnes en désintoxication.

Les citoyens de Gespeg ont aménagé un centre communautaire à Pointe-Navarre, et fondé le Site d’interprétation de la culture Micmac de Gespeg à Gaspé. Afin d’améliorer leurs conditions de vie, ceux de Listuguj ont implanté un centre d’accueil pour jeunes et un centre d’hébergement pour femmes.

En 2001, ces 3 communautés fondaient le Secrétariat Mi’gmawei Mawiomi. Son mandat est de planifier la prestation de services communs, d’établir des partenariats avec les non-Autochtones, notamment dans le secteur des pêches et de la foresterie, et de coordonner la négociation d’ententes au nom de la nation.

 

La pêche, l’une des activités économiques des Malécites

Crédit : crédit : Anne Pélouas, Journal La Presse.


Les Malécites

Les quelque 780 Malécites habitant au Québec sont dispersés sur le territoire québécois. La première nation malécite de Viger est la seule bande malécite du Québec. Elle dispose d’un territoire situé dans le canton de Whitworth, près de Rivière-du-Loup, et d’un petit lot à Cacouna.

Ces Malécites parlent français et plusieurs connaissent aussi l’anglais. La langue malécite est encore parlée par certains locuteurs du Maine et du Nouveau-Brunswick.

Jusqu’au 16e siècle, ils habitaient le long de la rivière Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Ils vivaient de la chasse et de la pêche, mais cultivaient aussi le maïs. Culturellement, ils sont apparentés aux Abénaquis et aux Micmacs, avec qui ils forment la Confédération Wabanaki.

En 1840, les Malécites étaient plus de 200 sur les bords de la rivière Mitis et probablement autant à d’autres endroits situés entre Lévis et Rimouski, notamment dans la réserve de Viger, créée en 1827. Ces terres ont cependant fait l’objet de contestations de la part de la population avoisinante, qui a demandé au gouvernement canadien de les reprendre pour les mettre en vente. En 1869, les Malécites acceptent de les rétrocéder à certaines conditions, et les lots sont vendus aux enchères l’année suivante.

À la fin du 19e siècle, le gouvernement canadien leur accorde une terre dans le canton de Whitworth, qu’ils tentent en vain de cultiver. Ils l’abandonnent et vivent pendant plusieurs générations sur un petit lot près de Cacouna, acheté par le gouvernement fédéral à leur intention en 1891. Cependant, jamais plus de dix personnes n’y résident au fil des ans et aucun Malécite n’y habite aujourd’hui.

Ce n’est qu’en 1987 qu’une centaine de Malécites se sont réunis à Rivière-du-Loup pour y élire un chef et un conseil de la nation. En 1989, l’Assemblée nationale du Québec reconnaissait les Malécites comme onzième nation autochtone du Québec. 

En 1998, les Malécites construisent à Cacouna un édifice destiné à loger les bureaux de leur conseil de bande. Aujourd’hui, ils exploitent des bateaux de pêche et travaillent à diversifier leur économie, notamment en développant des partenariats régionaux.