DÉCOUVERTE DES RÉGIONS

FAUNE

 

 

Des Grands Lacs jusqu’à l’océan Atlantique, le Saint-Laurent parcourt près de 3 260 km. Passant de l’écosystème d’eau douce à celui d’eau salée, les espèces animales et végétales qui l’habitent changent, se transforment, s’adaptent, migrent, pour former la fresque que nous connaissons aujourd’hui qui a inspiré, au fil des ans, tant d’artistes, de cinéastes, de peintres, de chorégraphes, de photographes.

Le Saint-Laurent est considéré comme le joyau du Québec. Comme celui qui a façonné notre économie, notre style de vie, qui a inspiré notre culture. Tel une respiration constante et apaisante, les eaux montent et descendent au gré des marées. Celles-ci atteignent leur apogée à Québec et s’éteignent le long des berges du lac Saint-Pierre, situé entre Québec et Montréal. Ce battement de marée nourrit en eau salée une bonne portion de son parcours. De fait, les dernières particules de sel se faufilent jusqu’à la pointe est de l’île d’Orléans, où le milieu est encore essentiellement composée d’eau douce.

De l’île d’Orléans jusqu’à Pointe-des-Monts, sur la rive-nord, la salinité ne cesse d’augmenter pour venir créer au final un écosystème alors considéré comme « marin ».

L’estuaire maritime et le golfe du Saint-Laurent forment ensemble un petit océan, d’une profondeur pouvant aller jusqu’à 400 mètres. Les fonds marins se composent de bassins profonds, de vallées et de plateaux. Mais le plus impressionnant est le chenal Laurentien qui domine par son étendue et par sa profondeur. Cette vallée sous-marine d’une longueur de 1 200 km débute à Tadoussac et termine dans l’océan Atlantique, au large de la Nouvelle-Écosse. Ce chenal consiste en la porte d’entrée des eaux profondes, froides et salées de l’Atlantique qui remontent jusqu’à la hauteur de Tadoussac. Cette remontée d’eau profonde explique en grande partie la présence aussi importante de mammifères marins dans le secteur. En effet, ces eaux sont remplies de nutriments, servant d’alimentation aux petites plantes qui dérivent au gré des marées, appelées phytoplanctons. Le phytoplancton, alors abondant, sert à son tour de nourriture aux microorganismes qui composent la base de la chaîne alimentaire marine, le zooplancton. De plus, en raison des phénomènes de courants dans le secteur et de leur comportement migratoire jour-nuit, les organismes se trouvent piégés dans une zone qu’on appelle «le piège à plancton», ce qui explique leur si grande abondance.

Les grandes baleines, telles que le rorqual bleu, le rorqual commun et le rorqual à bosse, se nourrissent principalement de zooplanctons. Ce terme regroupe toute sorte de minuscules organismes incapables de se diriger dans le courant et qui se laissent dériver. Ils se nourrissent aussi de petits poissons lorsque ceux-ci se présentent sur leur passage.

Treize espèces de baleines fréquentent les eaux du Saint-Laurent. Elles se divisent en 2 grands groupes : les baleines à fanons et les baleines à dents.

 

 

Vous allez sur la Côte nord? Pour tout savoir sur les baleines, visitez le Centre de recherche et d'interprétation sur les mammifères marins (CRIMM) à Longue-Pointe-de-Mingan et le Centre d’interprétation des mammifères marins (CIMM) à Tadoussac.

Crédit : GREMM


Les baleines à fanons (5 espèces)

Ces baleines n’ont pas de dents dans la gueule : elles ont des fanons, de grandes lamelles ressemblant à des poils permettant aux baleines de filtrer l’eau. En alimentation, ces baleines engouffrent une grande quantité d’eau dans leur bouche avant de la recracher à travers les fanons, emprisonnant ainsi toute la nourriture. Dans ce groupe on retrouve le rorqual bleu, le rorqual commun, le rorqual à bosse, la baleine noire de l’Atlantique Nord et le petit rorqual.

 

Les baleines à dents (8 espèces)

Généralement de plus petites tailles, les baleines à dents s’alimentent de poissons ou d’organismes vivant au fond de l’eau. Les dents ne servent toutefois pas à mâcher, mais plutôt à attraper et retenir leurs proies dans leur gueule. Dans ce groupe se retrouve le béluga du Saint-Laurent, l’épaulard, le cachalot, le marsouin commun, le dauphin à flancs blancs et le dauphin à nez blanc. En de très rares occasions, 2 autres espèces peuvent fréquenter le golfe du Saint-Laurent, soit la baleine à bec commune et le globicéphale noir.

 

Des espèces en péril

Certaines espèces sont protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement du Canada en raison de leur statut précaire. C’est le cas du béluga du Saint-Laurent, du rorqual bleu, du rorqual commun, de la baleine noire de l’Atlantique Nord, de l’épaulard, du marsouin commun et de la baleine à bec commune. Plusieurs menaces affectent ces espèces et continuent de constituer un frein à leur rétablissement. On parle par exemple de la pollution chimique et physique, des engins de pêche représentant de véritables pièges, des risques de collision avec les navires et autres embarcations, du dérangement dans leur habitat essentiel et de la diminution des ressources alimentaires.

S’ajoutant aux baleines, plusieurs espèces de phoques peuvent être aperçues lors d’une sortie en mer. On retrouve le phoque commun, le phoque gris, le phoque du Groenland et le phoque à capuchon. Les phoques communs et les phoques gris sont des espèces pouvant être observées en été près des côtes puisqu’ils utilisent les îles et îlots de même que certaines plages tranquilles comme échoueries : des lieux où ils se reposent, se prélassent, mettent bas, allaitent leur petit, et muent lors de la saison de la mue.

 

Des requins, des poissons et des tortues

Le Saint-Laurent compte de nombreux habitants, dont plusieurs espèces de requins. De fait, il y aurait au moins 19 espèces de requins réparties en sept familles. De ces 19 espèces, sept sont considérées comme régulières, soit l'aiguillat noir, l'aiguillat commun, la laimargue du Groenland, le requin bleu, le requin maraîche, le grand requin blanc ainsi que le requin pèlerin. De la surface, un autre poisson est fabuleux à observer : le poisson lune. Ce poisson, majoritairement tropical, se déplace parfois jusque dans les eaux froides du Saint-Laurent probablement en suivant ses proies. Mis à part le poisson lune, l’anguille d’Amérique, la morue atlantique, le saumon atlantique, le hareng, le capelan, le sébaste, le poulamon et l’éperlan arc-en-ciel comptent parmi les principales espèces de poissons.

Les tortues marines figurent également parmi les espèces marines qui fascinent. Des tortues luths sont observées à chaque année dans différents secteurs de l’estuaire et du golfe. Des tortues vertes, des tortues caouannes et des tortues de Kemp seraient également au nombre des visiteurs, mais celles-ci observées beaucoup plus rarement.

 

Le Réseau d’observation de mammifères marins (ROMM) est un organisme à but non lucratif situé à Rivière-du-Loup qui œuvre depuis 1998 à la conservation et à la  mise en valeur du Saint-Laurent et de la faune qui y vit. Le ROMM travaille en gestion intégrée et collabore avec divers acteurs de l’industrie maritime afin de les impliquer dans une démarche concertée de conservation des écosystèmes marins.