DÉCOUVERTE DES RÉGIONS

GÉOGRAPHIE

 

Est-ce que vous saviez que le traversier F.-A.-Gauthier traverse un des plus grands et profonds estuaires du monde? Son nom : le fleuve Saint-Laurent!

 

Un peu d’histoire…

Le Saint-Laurent a changé de visage au cours du temps. Il y a environ 15 000 ans, lors de la dernière période glaciaire, le Québec était recouvert d'un glacier d'une épaisseur de 1 à 2 kilomètres. Le continent était alors écrasé et enfoncé de quelques centaines de mètres par le poids immense de la glace.

Vers 12 000 ans avant aujourd'hui, suivant un réchauffement du climat, le Québec a commencé à se libérer de cette glace. L’eau libérée par ce dégel a formé une grande mer, nommée mer de Goldthwaith. Soulagé du poids de la glace, le continent a lentement repris sa place initiale causant le retrait de la mer et formant doucement ce fleuve que nous connaissons aujourd’hui. De plus, le retrait de l’eau a aussi provoqué un important surplus de sédiments créant les paysages côtiers que vous pouvez observer aujourd’hui.

 

Des paysages côtiers au fleuve

Observez bien et remarquez que les deux rives de l’estuaire maritime sont bien différentes. De façon générale, les falaises abruptes taillées dans le roc du Bouclier canadien et parsemées de plages dominent le panorama de la rive nord de l’estuaire, tandis que la rive sud est principalement caractérisée par un relief de basses terres, ponctué de marais salés, d’îles et de larges battures vaseuses. Le relief de la rive sud est aussi marqué par la présence des Appalaches et de ses roches sédimentaires. Cette variété de paysages crée la richesse et la beauté du Saint-Laurent.

 

Les falaises rocheuses

Les côtes rocheuses ont été formées par l'érosion ou par l’apparition de plateformes rocheuses. Les falaises peuvent avoir différentes hauteurs : les plus basses peuvent faire moins de 2 m et les plus hautes, plus de 10 m. Les restes de leurs effondrements se trouvent généralement sous la forme d’amas de roches au pied des falaises. L'importance de ces amas dépend souvent de la sensibilité de la roche à l'érosion. Ces milieux, difficiles d’accès pour l’homme, sont pourtant utilisés par des espèces d’oiseaux, qui choisissent d’y nicher loin de leurs prédateurs potentiels.

 

Les littoraux sableux

Les plages sont composées d'une accumulation de sédiments qui proviennent des rivières, de la dérive littorale du sable sur les côtes, ou encore de l’érosion des dunes et des falaises. Vous avez sûrement déjà observé le sable qui s’envole lors de forts vents. L’accumulation de ce sable forme les dunes et elles sont très dynamiques ! Plus elles sont couvertes de végétation, moins elles sont mobiles, et plus elles sont aptes à retenir les sols ou capter les sédiments au vol ! Les grands foins que vous y voyez fréquemment se nomment élyme des sables et ammophile à ligule courte. Les dunes demeurent fragiles même si on y retrouve des végétaux. Il est donc important de les protéger, d'autant plus qu'elles servent d'habitat à plusieurs espèces fauniques.

Les milieux sableux ont une dynamique qui évolue en fonction de plusieurs facteurs. Bien que la végétation retienne le sable,  les côtes de l’estuaire maritime et du golfe sont actuellement en érosion de manière généralisée. Ils sont particulièrement sensibles à l'action des vagues de tempête et il n'est pas rare de mesurer des reculs de plus de 5 mètres lors d’un seul événement de tempête ! Enfin, les littoraux sableux sont généralement bas et ils constituent des zones à risque d'inondation.

 

Les marais salés

Avez-vous déjà eu la chance d’observer de près les marais salés? Ils font partie des écosystèmes les plus productifs de la planète et contribuent grandement à l'équilibre de nos côtes. Certains sont exposés aux courants et aux marées tandis que d’autres sont abrités derrière des barres de sable les protégeant des courants marins. Pour qu’un marais puisse se former, il doit y avoir accumulation de vase afin que les végétaux puissent s’implanter. Vous comprendrez donc que les marais ne se trouvent pas dans les zones soumises à de forts courants !

Par leur capacité d’absorption, ils protègent les berges des tempêtes grâce à leur végétation qui atténue l'énergie des vagues. Ils ont de nombreux usages essentiels pour l’homme. En effet, les marais filtrent et accumulent les polluants de l’eau et constituent des habitats de reproduction, d'alimentation ou de repos propices pour de nombreuses espèces d'oiseaux et de poissons.

Bien que l’on retrouve de ces marais salés de part et d’autre du Saint-Laurent maritime, ils sont en effet plus abondants et dominent le paysage côtier de la rive sud.

 

À propos…

Les comités ZIP sont des organismes régionaux de concertation et d’action, dont le mandat est de regrouper les principaux usagers du Saint-Laurent, sur leur territoire, et de favoriser leur concertation en vue de résoudre les problèmes locaux et régionaux touchant aux écosystèmes fluviaux et à leurs usages.

On retrouve 13 comités ZIP le long du Saint-Laurent, entre la frontière ontarienne et le golfe du Saint-Laurent, incluant le Saguenay, la Baie-des-Chaleurs et les Îles-de-la-Madeleine. Stratégies Saint-Laurent est un organisme à but non lucratif qui regroupe les comités de zones d'intervention prioritaire (ZIP) du Québec. Sa mission première est de favoriser, par des modèles novateurs, la participation des collectivités riveraines dans la protection, la réhabilitation et la mise en valeur du Saint-Laurent.

Le circuit du traversier F.-A.-Gauthier borde les territoires de 3 Comités ZIP : le Comité ZIP de la rive nord de l’estuaire, allant de Sacré-Cœur à Baie-Trinité, le Comité ZIP Côte-Nord du Golfe, qui couvre de Port-Cartier à Blanc-Sablon, et le Comité ZIP du Sud-de-l’Estuaire, en charge de Berthier-sur-Mer jusqu’à Les Méchins dans la MRC de La Matanie.

Plusieurs enjeux concernent la portion maritime du Saint-Laurent. Ces trois comités travaillent, entre autres, à la protection et la mise en valeur des côtes et des espèces qui y habitent, l’érosion des berges, la pollution des eaux côtières et l’accessibilité au Saint-Laurent.