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GRANDS PERSONNAGES

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Lamontagne-Beauregard,  Blanche
(1889-1958) 

Femme de lettres et première poétesse du Québec, née le 13 janvier 1889 au village de Les Escoumins, en Haute-Côte-Nord.

Son enfance et sa formation académique

Blanche Lamontagne passe les premières années de sa vie au village de Les Escoumins, au sein d’une humble famille. Alors qu’elle n’a que 9 ans, celle-ci déménage sur l’autre rive du Saint-Laurent, au village de Cap-Chat. 

En 1902, Blanche se brise une jambe dans un accident de jeu. À la suite de cet incident malheureux, elle ne pourra plus jamais plier sa jambe gauche. Ce handicap la poussera à s’isoler des autres enfants.

Elle fait ses études primaires au couvent de Sainte-Anne-des-Monts. Ensuite, son oncle lui finance des études à Montréal, au couvent du Mont-Sainte-Marie. C’est dans cette institution qu’elle fait la connaissance de Georgette LeMoyne et de Marie Gérin-Lajoie, deux futures militantes féministes qui deviendront célèbres. 

Par la suite, Blanche entreprend des études en littérature à l’Université de Montréal. En 1911, elle remporte le concours de la Société du Parler français avec une suite poétique écrite sous le pseudonyme de « Pour la Patrie »; cette récompense allait marquer le début de sa carrière littéraire. Cette même année, elle complète ses études universitaires et revient s’installer à Cap-Chat, où habitent encore ses parents.


Ses succès littéraires

De sa Gaspésie d’adoption, elle envoie par la poste ses poèmes à l’intention de différents journaux et revues « de la grande ville ». En 1913, Henri Bourassa, fondateur et rédacteur du quotidien Le Devoir, lui propose de publier dans son journal le recueil de poésie Visions gaspésiennes. Cette publication connaît un succès immédiat et Blanche obtient une popularité instantanée. Cependant, cette réussite ne suffira pas à combler son rêve de vivre de sa plume. 

En 1916, sa famille déménage à L’Isle-Verte, dans la région du Bas-Saint-Laurent, ce qui lui permet de se rapprocher de Montréal et de Québec. Se démarquant déjà par son style qualifié de régionalisme littéraire, ses contes et poèmes paraissent dans diverses revues telles que L'Action française, Le Bulletin des agriculteurs, Le Canada français, La Terre de chez nous et Paysana, ce qui lui assure un certain revenu.

Elle réussit même à obtenir l’appui du prêtre, historien et professeur Lionel Groulx qui signera la préface de son recueil de poésies Par nos champs et nos rives. Par contre, elle se brouillera avec le journaliste et homme politique Henri Bourassa en raison de l’opposition de ce dernier au droit de vote des femmes, une question au cœur de bien des débats à cette époque.


Ses amours

En 1917, elle est amoureuse d’un jeune homme de L’Isle-Verte, mais ce dernier meurt tragiquement au printemps 1918.  En 1920, Blanche épouse l’avocat Hector Beauregard, devient Blanche Lamontagne-Beauregard et publie La Vieille Maison, titre inspiré de sa grande maison de L'Isle-Verte.
La même année, son époux et elle décident de s’établir à Montréal. Elle poursuit ses projets d’écriture, mais son succès s’essouffle peu à peu. En 1928, son nouveau recueil Ma Gaspésie reçoit un accueil mitigé. Ensuite, ses œuvres ne cessent de diminuer en popularité. Selon certains critiques littéraires, sa poésie régionaliste arrivait difficilement à se marier à l’évolution de la société québécoise. 

 

Un triste déclin

À la fin des années 1930, sa santé devient de plus en plus défaillante. En plus de souffrir d’obésité, sa jambe gauche ne peut presque plus la porter. À cette période de sa vie, elle n’écrit presque plus. Blanche Lamontagne-Beauregard mourra sans attirer vraiment l’attention le 25 mai 1958 d’un œdème pulmonaire. 

À sa mort, son œuvre tombe dans l’oubli, mais l’héritage de Blanche Lamontagne ne disparaît pas pour autant : avec les luttes nationalistes et féministes des années 1960, elle reprend peu à peu sa place dans l’histoire de la littérature québécoise. 

Considérée comme la première poétesse du Canada français, elle a également le mérite d'être la première écrivaine à ne pas s'être dissimulée derrière un pseudonyme. Sa poésie est simple et touchante. Elle est en phase avec son époque. Une époque où la femme peine à sortir de son rôle traditionnel. Blanche Lamontagne-Beauregard aura contribué à sa façon à casser ce stéréotype.