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GRANDS PERSONNAGES

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LÉVESQUE, RENÉ
(1922-1987)

Correspondant de guerre, journaliste, homme politique, leader du mouvement souverainiste et 23ème Premier ministre du Québec de 1976 à 1985.

René Lévesque naît le 24 août 1922 à l'hôpital de Campbelton, au Nouveau-Brunswick, en l’absence d’un hôpital à de New Carlisle, ville de la rive sud gaspésienne où résident ses parents. Il est le fils de l’avocat Dominique Lévesque et de Diane Dionne, établis à New Carlisle après leur mariage en 1920. René est le frère aîné de Fernand, André et Alice.

Il grandit dans une région à forte présence anglophone et devient rapidement bilingue. En 1933, il entreprend des études secondaires au Séminaire de Gaspé. Le monde des communications l’intéresse et il fait ses débuts de journaliste au poste de radio CHNC de New Carlisle à l'âge de 15 ans. Il dira plus tard qu’il eut une enfance heureuse et gardera toujours un souvenir très vif de sa Gaspésie natale et un goût prononcé pour les bords de mer.

Suite au décès de son père en 1938, il poursuit ses études secondaires au collège Saint-Charles-Garnier de Québec. Il s’inscrit ensuite en Droit à l’Université Laval à l’automne 1941. Pendant ses années d’études à Québec, il travaille comme annonceur à CKCV et à Radio-Canada.

Une opportunité unique l’amène à interrompre sa scolarité : en décembre 1943, il devient correspondant de guerre pour l’Office of War Information, un service de presse américain chargé de couvrir les opérations militaires des États-Unis en Europe. D’avoir vécu à Londres sous les bombardements et découvert le camp de concentration de Dachau le marquera grandement.

Rentré au Canada en 1946, il est employé au Service international de Radio-Canada. En 1951, il retourne sur les champs de bataille, cette fois-ci en Corée, pour y faire la couverture radio. Il est ensuite associé à diverses émissions télévisées, tant comme journaliste et reporter que comme animateur d’émissions d’affaires publiques.

Le point culminant de sa carrière de journaliste a été la création de l’émission «Point de mire», consacrée à l’actualité internationale, qu’il anime de 1956 à 1959. Il fait alors figure de pionnier de l’information télévisée et devient une vedette de la scène publique, prémisse à son entrée remarquée en politique en 1960.

Le 22 juin 1960, Lévesque remporte l’élection dans la circonscription de Montréal-Laurier pour le Parti libéral, dirigé par Jean Lesage. Membre de «l’équipe du tonnerre», aux côtés de Georges-Émile Lapalme, son mentor politique, Paul Gérin-Lajoie, Pierre Laporte et Éric Kierans; il occupe les postes de ministre des Ressources hydrauliques et des Travaux publics (1960-1961), ministre des Ressources naturelles (1961-1966) et ministre de la Famille et du Bien-être social (1965-1966).

Sa plus grande réalisation comme ministre est la nationalisation de l’hydroélectricité, un enjeu au cœur de la campagne électorale de 1962 qui reporte au pouvoir le gouvernement libéral de Lesage.
En 1966, l’Union nationale dirigée par Daniel Johnson chasse le parti libéral du pouvoir, à la suite d’une élection où les candidats indépendantistes du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) et du Ralliement national (RN) obtiennent 8,8% des suffrages.

Député de l’opposition, Lévesque amorce une réflexion sur la place du Québec dans le Canada; ce processus mènera à la proposition d’un projet de réforme constitutionnelle soumis au Congrès du Parti libéral en octobre 1967. Battu à plate couture, au terme d’un débat acrimonieux, il quitte le congrès avec fracas en compagnie d’une douzaine de militants.

Le Mouvement Souveraineté-Association verra le jour quelques semaines plus tard. En janvier 1968, il publie Option Québec, qui jette les bases de la formation politique qui sera créée quelques mois plus tard et qui prendra le nom de Parti Québécois.

Aux élections d’avril 1970, le PQ fait élire ses 7 premiers députés à l’Assemblée nationale avec 23 % des suffrages. En octobre 1973, le parti obtient 30 % des votes et devient l’Opposition officielle, mais ne fait élire que 6 députés. À ces deux occasions, René Lévesque est battu dans sa propre circonscription.

Lévesque pratiquera de nouveau le journalisme, à temps partiel, à partir de 1970, signant des chroniques dans Le Journal de Montréal (1970-1974) et dans le quotidien indépendantiste Le Jour (1974-1976).
À sa troisième tentative, le 15 novembre 1976, le PQ remporte les élections avec 41,4 % des suffrages. Lévesque est élu dans la circonscription de Taillon, en ayant promis de soumettre la question de la souveraineté à un référendum. La Loi sur le financement des partis politiques et la Charte de la langue française sont aussi au cœur de ses priorités.

Cependant, lors du référendum tenu le 20 mai 1980, les Québécois rejettent à 60 % le mandat que réclamaient René Lévesque et son gouvernement de négocier avec le Canada la souveraineté-association. Cela n’empêchera pas le PQ d’être réélu le 13 avril 1981 avec près de 50 % du vote.

Lors de ce second mandat, le gouvernement doit gérer une crise économique et des affrontements avec les syndicats. Qui plus est, le PQ perdait en novembre 1981 son combat contre le rapatriement de la Constitution par le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau. Isolé parmi les dix provinces, le Québec refuse de signer le nouveau document constitutionnel qui ne répond aucunement à ses revendications historiques.

À la fin de 1984, Lévesque publie un long texte dans lequel il propose de ne pas replacer la souveraineté au cœur des élections à venir. Ayant qualifiés de «beau risque» les engagements pris par le nouveau Premier ministre progressiste conservateur fédéral, le Nord-Côtier Brian Mulroney, à l’endroit du Québec, plusieurs ministres démissionnent en lui reprochant de renier la cause souverainiste.

De plus en plus contesté dans son propre parti, Lévesque démissionne le 20 juin 1985. En 1986, il publie chez Québec Amérique son autobiographie intitulée Attendez que je me rappelle qui s’avère un immense succès et le ramène sur la scène publique.

Il renoue avec son vrai métier en 1986-1987, notamment comme commentateur à la station de radio CKAC de Montréal. En 1987, il préparait pour la chaîne TVA une série télévisée sur les élections présidentielles françaises et américaines prévues pour 1988, lorsqu’il meurt soudainement le 1er novembre. Il laissait dans le deuil son épouse, Corinne Côté-Lévesque, ainsi que 3 enfants nés d’un premier mariage avec Louise L’Heureux: Pierre, Claude et Suzanne.