entete: 

GRANDS PERSONNAGES

Background: 
Description: 

MULRONEY, MARTIN-BRIAN
(1939-    )

Avocat, homme politique, Premier ministre du Canada, né à Baie-Comeau le 20 mars 1939.

Fils d’immigrants irlandais né à Baie-Comeau, Brian quitte sa ville natale pour fréquenter l'école secondaire Saint-Thomas de Chatham, au Nouveau-Brunswick, puis poursuit ses études en sciences politiques à l’Université Saint-Francis-Xavier d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse. Il fait partie du club des conservateurs du campus et devient premier ministre au Parlement interuniversitaire de l'Atlantique.

En 1956, il participe à la campagne électorale de John Diefenbaker, qui devient chef du Parti progressiste-conservateur. En dépit de son jeune âge, il s’avère habile, et charismatique et de plus, il est parfaitement bilingue.

En 1961, Mulroney amorce des études de droit à l'Université Laval. En 1964, il entre dans un grand cabinet d'avocats de Montréal. Il se spécialise en négociations de conventions collectives, et représentera la compagnie minière Iron Ore of Canada, faisant affaires sur la Côte-Nord, ainsi que la Power Corporation of Canada.

Au décès de son père en 1965, Mulroney doit assumer le rôle de chef de famille. En 1973, il épouse Mila Pivnicki. Ensemble ils auront une fille, Caroline, et trois garçons, Benedict, Mark et Nicholas.

En 1974-1975, siégeant à la Commission Cliche sur l'industrie du bâtiment au Québec, Mulroney retient l'attention du public par ses positions fermes. Il est aussi organisateur conservateur en chef et responsable du financement au Québec. En 1976, il est un candidat de choix à la direction du PC, mais sera toutefois éliminé par Joe Clark au 3ème tour du scrutin.

De 1977 à 1983, il est président de la minière Iron Ore of Canada. Au cours de cette période, il met l'accent sur les relations patronales - syndicales, si bien qu'à la fin de son mandat il peut mettre fin aux activités de la société à Schefferville sans craindre de graves répercussions politiques.

Mulroney est à nouveau candidat à la direction du Parti Progressiste Conservateur en 1983. Il y fait preuve de sobriété afin de parer aux attaques relatives à sa campagne de 1976, alors jugée superficielle. Il remporte la victoire contre Joe Clark au dernier tour du scrutin : 1584 votes contre 1325.

En tant que chef de l'Opposition et député du comté de Central Nova (Nouvelle-Écosse) en 1983-1984, il travaille au rétablissement du parti et construit une solide machine électorale. Il prône le renforcement du secteur privé et la réduction de l'intervention gouvernementale dans l'économie. Il milite aussi pour les droits des francophones et de meilleures relations avec les États-Unis.

Sa campagne électorale de 1984 contre les libéraux de John Turner est quasi sans faille, et son parti remporte 211 sièges, le plus grand nombre de l'histoire du Canada. Mulroney, qui a toujours insisté sur l'importance du vote québécois, l’emporte dans le comté de Manicouagan, où il réside.

S’étant engagé à faire en sorte que le Québec réintègre la constitution «dans l'honneur et l'enthousiasme», il parvient à persuader de nombreux nationalistes du Québec de soutenir les conservateurs : le parti gagne 58 sièges dans cette province. Le 17 septembre 1984, il prête serment en tant que 18ème Premier ministre du Canada.

Les deux premières années du gouvernement Mulroney sont marquées par l'indécision et les scandales de son Cabinet. Au printemps de 1987, il lance les deux mesures importantes qui vont marquer son premier mandat : la négociation de l'Accord du lac Meech et la conclusion d'un accord de libre-échange (ALE) avec les États-Unis.

L'ALE devient la question centrale aux élections fédérales de 1988. Malgré la résurgence du Parti libéral autour duquel se coalisent tous les opposants à l'ALE, les conservateurs parviennent à conserver le pouvoir. L'ALE entre en vigueur le 1er janvier 1989.

L'Accord du lac Meech était une entente entre le fédéral et les provinces afin de modifier la Constitution, renforcer les pouvoirs provinciaux et reconnaître le « statut distinct » du Québec. Cependant, les appuis qu’il engendre s'effritent graduellement en 1990, et l’entente ne sera jamais signée.

La popularité de son gouvernement baisse de nouveau quand il impose la taxe sur les produits et services (TPS) le 1er janvier 1991. Afin que le projet de loi soit accepté par la Chambre haute, Mulroney devra faire appel à ses partisans au Sénat.

Malgré la dure récession qui frappe le Canada au début des années 1990 et qui s'annonce peu favorable à l'ALE, les conservateurs poursuivent leur politique de libéralisation des échanges. Ils négocient un Accord de libre-échange nord-américain qui inclut cette fois le Mexique.

Tandis que Mulroney tente de conclure un nouveau pacte constitutionnel, sa popularité est au plus bas à l'automne de 1992. Après maintes négociations et commissions, on propose l'Accord de Charlottetown, mais celui-ci est rejeté lors d'un référendum national.

Brian Mulroney annonce sa décision de quitter la politique en février 1993. Malgré ses capacités à rallier les Québécois et à unir le Parti conservateur, ses échecs constitutionnels, la récession persistante, l'imposition de la TPS ainsi que son impopularité compliquent son avenir politique et celui de son parti.

Le 25 juin 1993, il cède la direction du pays à Kim Campbell. La coalition des conservateurs se désagrège aux élections de 1993 : seulement deux conservateurs sont élus dans tout le Canada et le parti perd son statut de parti officiel à la Chambre des communes.

Malgré les critiques adressées en fin de carrière, les politiques adoptées par Mulroney sur l'économie et le libre-échange ne furent jamais renversées par les gouvernements suivants.

À l’international, son gouvernement signa un accord sur les pluies acides avec les États-Unis. Il adopta en outre une politique fortement opposée à l'intervention au Nicaragua sous le président américain Ronald Reagan et s’opposa activement au régime de l'apartheid en Afrique du Sud, ce qui le mit en conflit avec les gouvernements américain et britannique, mais lui assura un grand respect.

Depuis son départ de la politique, Mulroney a eu une carrière très lucrative en tant qu'avocat chez Ogilvy Renault et consultant d'affaires internationales. En 2015, il siégeait sur le conseil d'administration de plusieurs entreprises, dont Barrick Gold et Quebecor.