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GRANDS PERSONNAGES

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Travers, Mary Rose Anna
dite « La Bolduc »
(1894-1941)


Auteure-compositrice-interprète et musicienne autodidacte québécoise, née à Newport, en Gaspésie, le 4 juin 1894. 

Mary Rose Anna Travers est l'une des 6 enfants de Lawrence Travers, de souche irlandaise, et d'Adéline Cyr, une Canadienne-française, mariés le 26 janvier 1891. Les 6 autres enfants de Lawrence issus d'un premier mariage vivent aussi avec eux.


L’enfance

Mary Travers est née au sein d'une humble famille catholique. Comme tous les enfants de son âge, elle va l'école et aide ses parents à la maison. Elle accompagne parfois aussi son père en forêt, et c’est probablement à ce moment qu’elle développe un sens d'observation unique qu'elle utilisera plus tard dans ses chansons.

Son père a été le seul professeur de musique de Mary. Elle apprendra à jouer du violon, de l'accordéon, de l'harmonica, des cuillères et de la guimbarde. À 12 ans, elle joue déjà dans les veillées villageoises. Son répertoire se compose de mélodies irlandaises apprises de son père, et d'airs folkloriques canadiens-français venant de sa mère, un métissage qui devait faire sa renommée.


Vers Montréal  

En 1907, Mary et sa demi-sœur Mary-Ann quittent la Gaspésie et s'installent à Montréal. Âgée de 13 ans, elle devient une bonne pour une famille bourgeoise afin d’aider ses parents affligés par la pauvreté. À 16 ans, lorsqu'elle se trouve un emploi dans une usine, leur situation économique commence à s’améliorer.

Le 17 août 1914, Mary épouse Édouard Bolduc, ouvrier dans une usine et futur plombier. Mary prend alors le nom de Madame Édouard Bolduc. Ils s'installent à Montréal et Mary débute une carrière de couturière. Après deux grossesses difficiles, elle donne naissance à Denise et Lucienne.

Face à un revenu insuffisant, la famille déménage à Springfield, au Massachusetts. Ce séjour est de courte durée puisque les Bolduc reviennent à Montréal en 1922, toujours limités financièrement. Dans les années qui suivent, Mary donne naissance à Réal et Fernande.


Un avenir prospère

Mary recommence à jouer du violon, de l'harmonica, de l'accordéon et de la guimbarde dans des soirées musicales. Elle le fait surtout afin d'aider sa famille à passer à travers la crise, sans toutefois envisager une réelle carrière de musicienne.

Puis en 1927 ou 1928, elle est enrôlée par la troupe de Conrad Gauthier comme violoniste lors des Veillées du bon vieux temps présentées au Monument-National de Montréal. Au fil des spectacles, elle prend progressivement le centre de la scène et commence à enregistrer ses propres paroles comiques sur des airs traditionnels.

Certains disques enregistrés avec la Compo Company of Canada de Montréal sont des succès qui font en sorte qu'on l'invite à chanter à Lachute en novembre 1930. Elle y charme son auditoire, et ce succès la convainc de présenter des spectacles fondés sur ses propres chansons. 

Elle quitte la troupe de Gauthier et accepte une offre lucrative de présenter, comme vedette principale, un spectacle avec une troupe burlesque au théâtre Arlequin de Québec en mars 1931. Cet engagement sera suivi d'une offre de Juliette d'Argère, dite Caroline, de partir en tournée avec sa compagnie pendant 3 mois au Québec.

Amorcée en mai 1931 à Hull, l'ensemble se produit dans l'ouest du Québec et à Montréal avant terminer sa tournée à Sept-Îles en juillet. Par la suite, Mary a moins d'occasions d'écrire et d'enregistrer. Au creux de la Crise économique, la Compo de Montréal rencontre des difficultés financières. Entre juillet 1932 et mars 1935, elle n'effectue aucun enregistrement.


Sa propre troupe

Cette période difficile l’incite à former sa propre troupe ambulante  baptisée la Troupe du bon vieux temps, dirigée par Jean Grimaldi. Ses spectacles, combinant vaudeville et musique folklorique seront vus dans nombre de villes du Québec et d’autres régions francophones

Mary s’efforce d’inclure sa famille dans ses activités, parce qu’elle le désire mais aussi pour « clouer le bec » de ceux qui soutiennent que sa carrière est inconvenante pour une femme. Son mari participe aux tournées de 1932 et de 1934 et, dès 1935, sa fille Denise en fait aussi partie en tant que pianiste et comédienne. Parfois, Édouard et Lucienne participent également aux spectacles. La troupe présente 50 spectacles entre août et décembre 1932.

Élégante dans sa longue robe de soie noire agrémentée d'un long collier de perles, Mary Bolduc ouvre et ferme la soirée en chantant ses  nouvelles compositions. Suivent des numéros musicaux, des chansons de folklore, un sketch de comédie, parfois suivi d’un concours d'amateurs.
 
En plein cœur de la crise économique des années 1930, elle raconte le quotidien des petites gens de la ville et des campagnes tant avec optimisme (Ça va venir, découragez-vous pas, Nos braves habitants) qu'avec ironie (Toujours l'R-100, Les médecins).
 
L'organisation des tournées se fait de concert avec Jean Grimaldi. Ils embauchent les musiciens et les acteurs, préparent les affiches et coordonnent la publicité. Les frais de déplacement et les salaires des musiciens sont versés à même les recettes d'entrée, sans oublier le tarif des salles. Sa première tournée sera une réussite, malgré son inexpérience en gestion.

Ses succès l’encouragent à organiser plusieurs tournées dans le Massachusetts, le Maine et le New Hampshire. La première, qui a lieu d'avril à juin 1934, est chaleureusement accueillie et rappelle la troupe en Nouvelle-Angleterre l'automne suivant, ainsi qu'en 1937 et 1939.


Un triste accident

En juin 1937, quittant Rivière-du-Loup en compagnie de sa troupe, elle est victime d'un accident de la route. Les médecins qui traitent sa commotion cérébrale lui découvrent un cancer. Limitée dans ses activités, elle enregistre tout de même ensuite quelques chansons, comme l’autobiographie comique intitulée « Les Souffrances de mon accident ».

Mary fait une courte tournée en Abitibi en 1940, mais son état de santé et des pertes de mémoire résultant de son accident l’affectent. En décembre de la même année, elle se produit à Montréal jusqu'à sa dernière hospitalisation.

Musicienne autodidacte, considérée comme la première « chansonnière » du Québec, elle connaît un succès phénoménal auprès du public québécois et la consécration par le biais du disque. Le Site Mary Travers dite « La Bolduc » de Newport permet d’en apprendre davantage sur son illustre carrière.