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GRANDS PERSONNAGES

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VOLLANT, STANLEY 
(1965-   )

 

Premier chirurgien autochtone du Québec, personnalité du monde médical et autochtone canadien, promoteur des saines habitudes de vie auprès des jeunes des Premières Nations.

D’origine innue, Stanley Vollant naît en 1965 dans une « crèche » de Québec, d’une jeune mère de 19 ans et d’un père inconnu. À l’âge de deux jours, il est enlevé des bras de sa mère et mis en adoption. Il est peu après recueilli par son grand-père qui le ramène dans sa communauté de Betsiamites (Pessamit). C’est lui, désormais, qui serait son « père ».

L’enfance de Stanley est marquée par ses séjours en forêt en compagnie de ses grands-parents, très attachés au mode de vie traditionnel. Il apprend à pêcher, à trapper et à chasser, mais aussi à dépecer les animaux à l’aide de couteaux tranchants, sans endommager leur fourrure. Il en garde une habileté manuelle qui ne sera d’ailleurs pas étrangère à son désir de devenir chirurgien.

En raison de l’absence d’une école secondaire à Betsiamites, Stanley déménage à Québec à l'âge de 12 ans afin de poursuivre ses études. Une tante le place en pension au village huron de Wendake, et il s’inscrit au secondaire à la Polyvalente de Loretteville. Son identité amérindienne sera malheureusement l’objet d’intimidation de la part de confrères étudiants à l’esprit plutôt étroit...

Mais comment s’est-il frayé un chemin dans la vie jusqu’à devenir médecin ? Tout simplement à cause de sa première paire de lunettes, comme il raconte: «Jusqu’en secondaire 2, je n’étais pas bon à l’école. Je m’asseyais tout seul dans le fond de la classe et je ne voyais plus rien au tableau... Je pensais que c’était normal, jusqu’à ce que ma tante m’envoie passer un examen de la vue et qu’on réalise que j’étais myope.»

L’existence de Stanley prend alors un nouveau tournant : il commence à jouer au hockey, se fait des amis et s’investit à fond dans ses études. Au cours des dernières années de son secondaire, il se classe parmi les trois meilleurs élèves de la polyvalente.
 
Après avoir songé à devenir archéologue, ingénieur de barrage puis pilote d’avion, il fixa son choix sur la carrière de chirurgien. En 1989, il obtient son diplôme de docteur en médecine (MD) de l’Université de Montréal. Il complète cette formation en 1994 avec un diplôme d’études spécialisées en chirurgie générale de l’Université de Montréal. Il devient alors le tout premier chirurgien autochtone du Québec.
 
Dr Vollant amorce sa carrière en décembre de la même année au Centre hospitalier régional de Baie-Comeau à titre de médecin spécialiste. Dix ans plus tard, il entre au service de chirurgie générale du CSSS de Chicoutimi, puis occupe le poste de chirurgien généraliste à l’Hôpital Montfort d’Ottawa, de même que celui de professeur adjoint de chirurgie et de directeur du programme autochtone de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa.
 
En 2001, il devient le premier représentant autochtone élu à la tête d'une association médicale : l'Association médicale du Québec. Il occupe également un siège au conseil exécutif de l’Association médicale canadienne. En 2010, il devient le coordonnateur du volet autochtone de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Il pratique aussi la médecine à la clinique médicale de Pessamit, son village natal.

Il a également été membre du Conseil canadien de la santé, du Conseil consultatif des sciences de Santé Canada, du Conseil consultatif ministériel de la santé rurale du Canada, du Conseil de la santé et du bien-être du Québec, du Comité d’éthique des sciences et technologies du Québec et de plusieurs autres groupes de travail reliés à la santé.

Conférencier très en demande, docteur Vollant assure régulièrement la présidence d’honneur de plusieurs événements d’envergure. On le retrouve souvent à la une de divers magazines et journaux du Québec ou d’ailleurs au pays, sans oublier les entrevues télévisées accordées aux émissions d’intérêt public.

L’idée de la promotion de saines habitudes de vie au sein des Premières Nations est au cœur des préoccupations de ce père de 3 enfants. Son implication à cet égard a été reconnue par l’obtention de nombreuses récompenses, dont celle du « Personnage modèle autochtone 1996 » décernée par le Gouverneur général du Canada, le prix « National Aboriginal Achievement Award » 2004 ainsi que le prix « Prestige » de l’Association médicale du Québec en 2013.

Son engagement social s’exprime dans divers projets tels les Camps carrière-santé, les mini-écoles de médecine et la marche Innu Meshkenu – le chemin innu. C’est en 2010 que s’amorçait cet audacieux pèlerinage visant à rallier les 11 Premières Nations du Québec et du Labrador, soit une marche de 6000 km sur 5 ans. Les objectifs qui animent Stanley sont de redonner aux Autochtones l'envie de se réapproprier le territoire, et d’insuffler aux jeunes le goût de la réussite scolaire.

La visibilité médiatique accordée à ce défi incite les chefs de bande et autres personnalités québécoises de différentes sphères à s’y joindre. Le jeune Innu solitaire d’hier est désormais entouré de centaines de personnes lorsqu’il complète une étape de sa longue marche!

En mars 2015, Stanley complétait une des étapes les plus audacieuses de ce parcours : rallier la communauté innue de Matimekush-Lac John (Schefferville) au village inuit de Kuujjuaq, un trajet de 460 km. Ce faisant, le parcours total de son périple dépassait le cap des 5000 km.

Il sait que cette aventure aura des effets bénéfiques sur les participants : « Quand on arrive à Kuujjuaq, c'est là qu'on comprend pourquoi on fait ça. C'est quand on voit le visage des marcheurs s'allumer et des jeunes qui disent "ça m'a changé". Ils deviennent des leaders dans leur communauté. Ça leur donne de l'espoir qu'ils sont capables de réaliser tous les autres projets de leur vie. »